04/11/2003

Contrastes & nuances...

Mardi matin, M est fatigué, il n’a pas beaucoup dormi. Bon signe ? Mauvais signe ?

 

Fondu au noir, Flash-back 1 : La tension, Mesdames et Messieurs...

 

Je suis à l’aéroport depuis plus de 45 minutes. Mes grands-parents, Alain Simons qui pose des questions idiotes et le temps qui n’avancent pas, c’est un peu trop. J’ai préféré aller sur place directement, lire un bon bouquin (voir colonne de droite !), rester seul...

 

Le vol atterrit, je me déplace, un peu en retrait, envie de la voir avant qu’elle ne me voie, envie de capter son regard, son visage quand elle me remarquera dans la foule. Aie...

 

Elle est là. Je zappe mentalement les scénarios catastrophes qui la clouaient dans un lit d’hôpital... ;-) Par contre, son visage est fermé, tendu, tiré... L’approche est prudente, les gestes mesurés. « J’ai un atroce mal de tête »... Signal précis... Elle vit donc un conflit. Madame est la reine de la somatisation... PS : Elle souffre VRAIMENT dans ces moments là !!! Mais c'est une manifestation de son mal être..

 

Dans la voiture, elle me raconte ses quelques jours passés en Italie. En me précisant plusieurs fois que, les meilleurs moments étaient ceux sans son cousin chez qui elle logeait. Ponctuant de « on est bien quand on est seul, non ? »... Je garde mes distances, tant en geste qu’en paroles.

 

On arrive au bout de la route. A gauche vers chez elle, à droite vers chez moi... Ce sera à gauche. Arrivée en bas de chez elle, garer la voiture, éteindre la veilleuse. Je ne me sens pas très bien...

 

9h25, M est toujours aussi fatigué. Sans café, je m’écroule ! Je reviens...

 

Fondu au gris, Flash-back 2 : Les Portes du Pénitencier...

 

Elle me propose de prendre un thé avec elle. J’accepte. Mais avant ça, on discute, on démine. J’avance à tâtons... Elle se lâche enfin... M’explique ce qui la taraude.

 

Sa peur, depuis ce que Anaisorchidée appelle « notre nuit magique », c’est un enchaînement, une spirale qui l’entraîne dans une logique de couple. Qu’elle refuse, de corps et d’esprit. Pas envie de rentrer dans une suite d’obligations, de coups de fil en mails, de rencontres en nuits. Pas envie de se sentir enchaînée, que les évènements décident pour elle. Elle s’est sentie embourbée, et son silence est sa façon de sortir de ça. De couper...

 

Et la conversation se poursuit. Elle se déride, le sourire revient. Elle me dit et me redit qu’elle se sent dans un no man’s land affectif, qu’elle ne veut pas de liens. Et qu’elle m’aime. Aussi paradoxal que cela paraisse. Et le pire, c’est que je comprends. Elle a besoin de sa vie, de son « chez elle », de son indépendance. Et en même temps, elle a besoin de présence, d’être rassurée, entourée. Sa porte s’ouvre, elle peut enfin venir dans mes bras, se laisser aller. Elle me regarde avec ces yeux qui m’assassinent le coeur et me font fondre le corps (et l’inverse). Son bouclier se baisse. Elle est enfin là. Et son mal de tête a disparu...

 

Bon, le café, ça ne marche pas très fort... En intraveineuse, peut être ???

 

Fondu au blanc, Flash-back 3 : Passagers de la nuit

 

Arrivés dans son appartement, toujours la mauvaise surprise du courrier... Et comme toujours, jamais de lettre dans la boite à factures... Novembre, le mois des comptes en berne. On va manger des pâtes et du riz, ce mois-ci ! On s’installe, préparer le thé, glisser dans son divan. On parle, proches, si proches. De nouveau, complices. Elle est rassurée, apprivoisée, confiante.

 

Je pense que notre avenir se dessine en cycles... Cycle d’éloignement, cycle de retrouvailles. Distance, et proximité. Et je reste confiant. Parce que c’est peut être un modus vivendi qui nous convient. Qui sait. De toute façon, je prends le positif...

 

3h30, elle semble hésiter, je n’en profite pas. Son visage est marqué par la fatigue, mais pourtant, il est bien moins tendu qu'à son arrivée. Elle me quitte dans un sourire sur le pas de sa porte. Je rentre.

 

Demain est un autre jour...





10:08 Écrit par M. | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

Commentaires

euh.... l'amour c beau... c pas une torture non plus.... à toi de voir tes limites et ce que tu peux ou non accepter par amour....
Trouve toi avant de te chercher chez l'autre.....

Écrit par : valou | 04/11/2003

Elle me grandit je ne me considère pas comme torturé. Sauf par mes idées noires, mais ça, c'est moi qui me l'inflige...
Ce qui ma rassure, c'est que je me sens grandir dans cette histoire. Un peu par elle, mais surtout par moi même. Et pour moi même.

Même si plusieurs personnes de mon entourage crient au fou. Je reste persuadé que cette histoire m'apporte plus qu'elle ne me coute...

Écrit par : M | 04/11/2003

ne perd jamais de vue que TU est le plus important pour toi et tu dois faire uniquement ce que TON coeur et TON esprit t'inspire.... ce n'est pas elle (loin de là) mais bien la situation en elle même qui te torture, mais c ton choix! et si tu peux grandir alors fais le... je suis passée par là... et avant de gouter le miel j'ai aussi gouté du vinaigre... ce qui m'a permis d'apprécier encore plus... tu as raison.
"ne cherche pas la raison de l'amour ... tu y perdrais la raison...." (je sais plus de qui c'est... ;o)

Écrit par : valou | 04/11/2003

... ... et c'est tellement vrai. A trop intellectualiser parfois, je me dis que je me compliques les choses inutilement. Mais bon, ça fait partie de qui je suis ! Et je m'aime bien comme ça ! ;-)

Écrit par : M | 04/11/2003

une petite chanson... pour toi... "modus vivendi" de Maurane
Cette chanson m'a aidée à prendre conscience que ce que j'étais c'étais pas qu'un défaut....
Je veux être troublée inventée, révoltée..

Écrit par : valou | 04/11/2003

Je la comprends Juste un petit mot pour, au risque de paraître bizarre, je comprends l'état d'esprit de celle qui fait battre ton coeur! Parce que je pense moi que la vie à deux est difficile, et que c'est dans l'incertain qu'on vit ses plus beaux moments, qu'on passe des instants formidables. Le côté acquis enlève une part de magie dans toute relation... Il faut profiter de chaque moment, en se posant le moins de questions possible! Je ne serai sans doute pas toute ma vie dans cet état d'esprit, mais bon... On verra!

Écrit par : Sib | 04/11/2003

Le pire... c'est que je me demande dans quelle mesure je ne suis pas en train de me rendre compte que j'aime bien le côté "danger" de cette période... ;-)

Écrit par : M | 04/11/2003

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